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+20% de Trails en un an : et si on parlait AUSSI de l’impact sur le bénévolat ?

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La croissance du trail : un enjeu de soutenabilité environnementale, mais aussi humaine et sociétale.

À l’occasion du Festival des Templiers, à Millau, j’ai eu l’occasion de participer à la première édition du Trail Vision, des rencontres autour des enjeux du trail running.

Une table ronde consacrée aux impacts environnementaux, sociaux et sociétaux du trail réunissait notamment Laurence Lemoine, enseignante-chercheuse à l’IDRAC Business School, Olivier Bessy, sociologue du sport, et Gilbert Ysern, président de France Outdoor.

Les échanges ont permis d’aborder plusieurs questions essentielles : l’impact économique du trail sur les territoires, la préservation des espaces naturels, l’empreinte carbone des événements et, plus largement, la durabilité de notre pratique.

Car le trail connaît une croissance importante. Les pratiquants sont toujours plus nombreux, les courses se multiplient et les formats évoluent vers des épreuves parfois plus longues, plus exigeantes, plus hautes ou plus éloignées.

Mais au-delà des enjeux environnementaux et économiques, il me semble qu’un autre sujet mérite davantage notre attention : l’impact de cette croissance sur le bénévolat.

Toujours plus d’événements, toujours plus de besoins

5 900 courses de trail ont été organisées en France en 2025, soit une hausse de 20 % sur un an et un nombre multiplié par deux par rapport à 2015, selon les données du dernier baromètre Finishers réalisé par la Fédération Française d’Athlétisme et l’Union des entreprises Sport & Cycle (UESC), publiées le 24/08/2026

La multiplication des courses entraîne mécaniquement des besoins humains toujours plus importants. Accueil, ravitaillements, logistique, sécurité, gestion des parcours… Derrière chaque événement, il y a des femmes et des hommes qui donnent de leur temps pour permettre aux coureurs de vivre leur expérience.

Pour attirer ces bénévoles, les organisateurs déploient différentes stratégies : dotations matérielles, vêtements, repas, cadeaux… Mais aussi des propositions moins matérielles : qualité de l’accueil, ambiance, convivialité, sentiment d’utilité, adhésion à un projet ou promesse de vivre une belle aventure collective.

Toutes ces approches sont légitimes. Chaque organisation attire des profils différents, en fonction de ce qu’elle propose et de ce que les bénévoles recherchent. Certains seront sensibles aux avantages matériels, d’autres à l’expérience humaine, aux valeurs ou au sens de leur engagement.

Mais il me semble important de distinguer deux choses : faire venir un bénévole et lui donner envie de revenir.

Car la fidélisation ne repose pas uniquement sur ce que l’on offre. Elle repose aussi, et peut-être surtout, sur la manière dont on considère les personnes.

Un bénévole a besoin d’être accueilli, de se sentir utile, écouté, reconnu et sincèrement remercié. Cette reconnaissance ne s’achète pas et ne se remplace pas par une dotation. Elle fait partie intégrante de la relation et de la motivation bénévole.

Sans bénévole pas de trail !
Les bénévoles, acteurs indispensables des trails

À force de vouloir attirer les bénévoles, ne risquons-nous pas de dénaturer le bénévolat ?

On entend parfois des personnes se présenter comme des « bénévoles professionnels », évoquer leur CV de participation à de multiples grands événements et demander ce qu’elles obtiendront en échange de leur engagement. On entend aussi des organisateurs expliquer ce qu’ils offrent à leurs bénévoles pour les faire venir.

Il n’y a rien de problématique à vouloir valoriser l’engagement ou à proposer des contreparties. La difficulté apparaît lorsque celles-ci deviennent une attente systématique, presque un dû, ou lorsqu’elles servent à justifier des sollicitations toujours plus importantes.

Car le bénévole n’est pas un salarié, ni une ressource disponible à la demande. Il choisit librement de donner de son temps. Il peut aussi poser ses limites, refuser une mission ou décider de ne pas revenir.

Le bénévolat repose sur un engagement libre, pas sur une dette.

On peut s’engager parce qu’on aime le trail, parce qu’on a envie de partager un moment, de retrouver des amis, de participer à un projet collectif ou simplement de donner un coup de main. Pas nécessairement pour acquérir de l’expérience, enrichir son CV ou obtenir quelque chose en retour.

On constate également que certains organisateurs n’ont parfois jamais eux-mêmes expérimenté le fait de donner de leur temps, d’être bénévole sur un événement et de vivre cet engagement de l’intérieur. D’autres l’ont peut-être été, mais ont parfois oublié ce que signifie être « simplement » bénévole d’un jour, tellement ils sont aujourd’hui investis dans leur propre événement.

Or, être organisateur et être bénévole le jour J, sont deux regards très différents sur un même événement. Lorsqu’on n’a jamais vécu cet engagement, ou que l’on a perdu cette expérience de vue, on ne mesure pas toujours les ressorts de la motivation bénévole, ses attentes, ses contraintes et ses limites.

On peut alors avoir tendance à raisonner uniquement en termes de besoins organisationnels, d’effectifs et de missions à couvrir, en oubliant ce qui donne envie à quelqu’un de s’engager bénévolement.

Le risque est alors de dénaturer progressivement cet engagement, non pas nécessairement par volonté de mal faire, mais par méconnaissance ou oubli de ce qui en fait la richesse et de ce qu’il faut respecter pour la préserver.

Plus les événements se professionnalisent, plus j’ai parfois le sentiment que nous glissons vers une forme de consommation du bénévolat. On raisonne en effectifs, en postes à couvrir, en missions à assurer, en dotation à prévoir… et l’on risque d’oublier la personne derrière le bénévole.

La professionnalisation des organisations est évidemment nécessaire et peut être bénéfique, notamment pour structurer les événements et garantir leur sécurité. Mais elle ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel : la gestion et l’accueil des bénévoles nécessite certes de la rigueur et de l’organisation, mais sans perdre de vue l’essentiel : la sincérité et la réalité des relations humaines entre tous les acteurs, organisateurs et bénévoles

Préserver la richesse de l’engagement bénévole

Face à l’attractivité actuelle du trail, il est indispensable de penser durabilité environnementale, de préservation des espaces naturels et de responsabilité des événements. Il nous semble que nous devons aussi nous interroger sur leur soutenabilité humaine.

Comment continuer à faire grandir le trail sans épuiser celles et ceux qui le rendent possible ? Comment attirer de nouveaux bénévoles tout en donnant envie aux anciens de revenir ? Comment reconnaître leur engagement sans le transformer progressivement en prestation attendue ?

Le bénévolat est une richesse collective, mais aussi une richesse fragile. Il ne se décrète pas et ne se consomme pas. Il se construit dans la confiance, le respect, la convivialité et le plaisir de faire ensemble.

La croissance du trail ne doit pas se faire au détriment de celles et ceux qui contribuent, souvent dans l’ombre, à la réussite des événements.

Le bénévolat c’est une richesse humaine, à reconnaître, à respecter et à préserver… comme toutes les richesses naturelles…

Et vous, pret a simplifier la gestion de vos benevoles ?